L'amicale, novembre 2025, samedi après-midi

Bilan sensible

Théo

ca va, période charnière, avec une réorganisation de nos dynamiques de travail qui tend vers plus de séparation enttre nous. Avec des blocs affinitaires/ géographiques. J’ai toujours cet idéal qui est que j’aimerais qu’on tende vers plus de collectif, de partage des savoirs faires.

Recréer du lien sur des projets (par ex DLS, NN).

Ressemble à une forme de copérative, ou un regroupement d’éditeurices qui portent des projets singuliers.

Cependant, il y a quand même un ensemble de charges administratives transversales qui nécessitent d’être prise en charge.

Crée une forme de refermement, et d’isolement.

Le fait d’arriver dans un second temps, en tant que graphiste

Quand j’initie des projets éditoriaux, par contre j’ai l’impression que je suis isolé.

C’est super de ne plus avoir la charge mentale de la newsletter, ça libère d’un poids.

Il y a donc des choses sur lesquelles j’ai lâché (par exemple la comptabilité).

Fanny

Ça va aussi. Je suis dans un moment où j’ai besoin de redéfinir mon investissement dans la maison d’édition. Jusqu’à présent j’avais la fromagerie, j’avais moins d’urgence à relier l’édition à une forme de rémunération. Depuis que j’ai arrêté à la fromagerie, je me questionne sur mon économie et je ressens un peu de frustration vis à vis de la gestion de l’argent à Burn~Août et des solutions en place actuellement. C’est trop difficile de mettre en place une stratégie commune, et j’ai fait le deuil de la rémunération par BA. J’ai besoin de faire des projets rémunérateurs. Je ressens le besoin de ne plus m’engager sur de nouveaux projets BA pour le moment. Ces derniers mois et ces dernières années, je me sens un peu moins à fond avec le calendrier éditorial. J’ai moins réussi à convaincre le groupe sur certains projets. Le projet d’Eugénie, du dictionnaire, ou de Tristan Garcia, j’ai une position en retrait, et j’ai pas envie d’être la rabat-joie. Je me sens pas à fond dedans donc j’ai envie de prendre du recul, et faire le constat qu’il y a moins de projets éditoriaux communs où l’on a envie de se retrouver. Je suis très fière de MDE et des autres projets qu’on a parlé, la co-éd avec LLL et ce que ça nous a appris. Je trouve le bilan très positif pour moi sur les projets que j’ai suivi…​ Je veux pour l’instant finir les projets que je porte actuellement, et me dégager du temps. Sur ce que tu as dit Théo, ce sont des questions qui reviennent à chaque fois, ce sont des enjeux structurels à la manière dont on travaille, et je n’ai pas vraiment de solution. Pour l’instant je souhaite terminer les projets sur lesquels je suis engagée, et après ça, pouvoir réévaluer mon engagement avec Burn~Août. Je souhaite clôturer des projets pour pouvoir retrouver du désir par rapport à ce travail bénévole. Le chômage fait que ça m’amène à me poser toutes ces questions, retenter des bourses, me relancer dans des projets perso…​

Cette question matérialiste, de stratégie économique, ne résonne pas chez tout le monde de la même manière. Nous ne nous sommes pas orienté·es sur des questions économiquement plus rentables. On a pas candidaté à des financements, on a pas repensé les prix, et les gros projets collectifs comme DB ont siphonné la trésorerie. Les différents projets non rémunérateurs sont des choix que l’on assume, je préfère verbaliser ce constat, et cela redéfinit mon engagement dans le projet.

Emma

Je sais pas trop quoi dire. Ce qui m’importe, c’est comment on travaille. Je considère ça comme un travail, comme le fait de chercher du travail (qui est un travail). Je comprends ce que tu dis Théo, sur l’isolement, moi ça ne me concerne pas trop vu qu’on a ce binome avec Fanny, on habite proche et on est amies, etc. Je trouve ça plus difficile de démarrer des relations de travail à distance.

Ce sont des conditions de travail qui sont regroupées ou qui ne le sont pas. Sur DLS, c’est le premier projet en dehors de 39°5 sur lequel je bosse.

J’ai pas été déçue par un sentiment d’isolement, je ne m’attendais pas forcément à autre chose. Comme Burn~Août c’est un travail, y a des choses que je préfère faire à côté. DB c’était super, mais je voyais pas m’investir dans les réunions. Je préfère faire du suivi de texte. Je m’engage sur les trucs où je sais que j’ai du temps de le faire, que ça ne va pas me mettre dans le rouge. DB je trouve ça trop bien, MDE aussi, je suis contente de travailler comme je travaille actuellement.

Je reste sur cette lancée, je m’engage sur ce que je peux faire, je veux continuer 39°5. J’ai retrouvé un travail salarié que je me vois tenir pendant plusieurs années. Ça me donne de la visibilité sur 3-4 ans. Je peux percevoir ça comme un équilibre. Je peux pas dire que je vais continuer "advitam eternam" comme on fait là, parce qu’on sait pas de quoi la vie sera faite.

Si Fanny ne se relance pas sur un 39°5, ça me ferait de la peine de me relancer sans Fanny. Je sais pas, il faudrait qu’on en discute. Ça dépend des projets. Moi ça m’intéresse de travailler avec Fanny, je vais pas mentir.

S’organiser à distance, c’est une charge très importante. Tout serait différent si on était pas à distance. Ça serait aussi socialement beaucoup plus fluide, on pourrait échanger globalement plus facilement.

Yann

Depuis La Ciotat questionnement sur son engagement dans la maison d’édition. Il se surprenait à oublier des CODIR. Depuis cette période, sa vie s’est stabilisée. Il a fait des tâches beaucoup plus "en isolation". Travail asynchrone sur le site avec Amélie et Théo - sentiment d’isolement mais nécessaire au vu des épisodes de tension passés. Très fier d’avoir bossé sur les projets sur lesquels on a bossé. Maison d’enfance, défaire le suicidisme, très beaux projets ainsi que Déborder Bolloré, où il a majoritairement déporté son attention. À ce moment-là, il se sentait plus à l’aise de mettre de l’énérgie dedans.

Sur la distance, constat partagé - ca serait diff. si on partageait un bureau à 5, peut-être serions-nous plus ami.es ? Aucun partage quotidien, ce qui créé de la distance. Avec Théo, ils on eu la possibilité d’avoir un atelier aux DOCS mais il a pas voulu car EBA aurait pris trop de place au regard des autres activités qu’il mène, et qui sont, en plus, rémunératrice.

Il se demande comment Fanny et Emma se sentent à l’égard des tensions qui on eu lieu les mois précédents. Par exemple, ça a ressurgit y’a quelques semaines autour d’une discussion sur un soft Métopes. Yann s’est braqué à ce moment-là, notamment parceque ça fait longtemps qu’il cherche à partager autour de cette question (formatage de fichiers pour rentrer, et sortir, de Indesign).

Fanny

Temps de distanciation : effets positifs. Depuis, pas de nécessité à réouvrir la discussion avec toi sur ces sujets. Rétablissement de la confiance. Ce n’est plus à l’ordre du jour.

Emma

Bien aussi ce temps de distanciation, malgré qu’il reste des crispations à certains moments pour Emma.

Yann

Point sur l’ouverture qui est laissée sur les questions numériques, et qui ne trouve pas d’échos nécessairement. Incompréhension et frustrations

Mais Emma note la contradiction de ce moment justement

Benny

Partage ce qui vient d’être dit. Rentrée, descente d’organes, car je ne me suis pas senti capable de tenir les tâches sur lesquels on s’était engagés.

Je suis fatigué du format visio. Je le prends comme une charge, désagréable. C’est une question logistique, qu’on a pas le choix de traiter. Début d’année, j’ai fait un rejet de ce format.

Je fais le constat que le travail collectif à 5 est une sorte de fantasme qui n’est pas vraiment possible à cause des conditions matérielles.

Je m’interroge sur comment on pourrait trouver une forme où on assume le fait qu’on éclatés, tout en continuant à faire les tâches nécessaires. Donc vient l’idée de la forme de la coopérative éditoriale. Pour visibiliser nos différents fonctionnements éditoriaux. Comment ça pourrait fonctionner ? Est-ce que les tâches administratives sont rémunérées ? Est-ce qu’elles restent tournantes ?

Est-ce qu’il n’y aurait pas un format à trouver qui serait adapté à la façon dont on voudrait travailler. J’ai pas de projets éditoriaux actuellement.

J’ai l’impression qu’il n’y a pas eu tant de discussions éditoriales, sur le fond des projets que l’on porte. En fait, on a eu des discussions sur lesquelles on est pas tombé·es d’accord. Est-ce qu’on assume le fait qu’on a des désaccords, qu’il y a des éditeurices qui font des projets différents et distincts ? Il y aura des fois des projets desquels on est totalement étrangers et c’est pas grave. C’est le cas pour la collection PE, DLS, et d’autres projets…​ Ces projets se font, vont exister, je me sens pas avoir mon mot à dire, mais ça me va. Je ne sens pas mon agentivité diminuée dans la ME.

2026 va être une année un peu creuse sûrement, et ça pourrait être le temps pour réfléchir à ce modèle de coopérative. Vu comment ça part, il y a des tâches qui ne peuvent pas être remises en cause, et si tout le monde prend ses distances, il faut être conscient·es que ces tâches seront toujours là. Ça peut vouloir dire rouvrir le collectif, ça peut vouloir dire avoir une salarié·e en charge des tâches administratives et ce serait la seule personne rémunérée, avec des éditeurices bénévoles.

Théo

Par coopérative, j’entends des directeurices de publication. La question de l’autonomie financière est compliquée à gérer.

Fanny

La force d’une coopérative pour moi, c’est la multiplicité des économies. Est-ce que chacun·e aurait une autonomie, donc avoir des statuts différents par exemple pour candidater à des financements, tout en trouvant des points pour faire circuler les moyens, en rééquilibrant l’économie au fil des projets éditoriaux. C’est un peu déjà ce qu’on a actuellement, avec Théo qui a une position pivot sur tout ce qui se fait dans la ME.

Benny

Peut-être que toute cette question est un peu vaine. En fait moi ce que je trouve limitant c’est le fait qu’on ne partage pas un projet communautaire. On ne vit pas la même réalité, pas au même endroit. On a pas de projection ensemble, parce qu’on a nos économies personnelles à côté lorsqu’on éteint l’ordi. Ça aiderait à avoir un projet commun si c’était différemment structuré.

Fanny

On a des tâches incompressibles, des engagements, on est engagé·es dans une forme de suivi par rapport aux projets qu’on a déjà édités. Mais on peut aussi clôturer des collaboration, comme pour le livre de Marl, où là on va sûrement pas le réimprimer…​ Qu’est-ce qu’on mutualiserait

Théo

Je le sens pas trop.

Doutes sur la répartition de l’argent.

J’imagine un collectif où on est 5, et 5 à travailler sur les mêmes livres. Je ne ressens pas cet élan collectif sur toutes les publications. Je me rends compte qu’il faut revoir le modèle, mais je ne sais pas si je suis prêt à tout fragmenté.

Mise à jour du calendrier prévisionnel

  • VT - Vrai Travail - (janvier 2026)

  • PE - Maggie/Amélie (janvier 2026 ?)

  • DLS - Défaire le suicidisme - (février 2026)

  • LMEP - La même en pire - (mars 2026)

  • VOIX - On ne bombardera jamais ma voix - (mai 2026)

  • FFS - et faire fondre le système (avril/juin 2026 -→ octobre 2026?)

  • NOCT - Nocturama (juin 2026? pour un lancement à Arles mais novembre 2026 pour publication - préférence de eba pour 2027)

  • MUTU - Et si on mutualisait ? (septembre 2026)

  • SP - Survival Is a Promise: The Eternal Life of Audre Lorde (janv. 2027 - refaire un point à mi-parcours pour voir si c’est tenable - pour rappel diffusion Actes sud - gros travail de maquettage car diversité de contenu)

  • DD - De droite (février 2027)

  • 39°5 - Failure - (septembre 2027)

En attente

  • KAI - Traduction en pause, pas de nouvelle des ayant-droits - pas de relance pour l’instant. trad finie.

  • 39°5 - démarcher des auteurices racisées qui écrivent de la poésie (pas sûr - septembre 2026)

  • MEL (PLE2) - Mineurs en lutte

  • DICO - Dictionnaire sur l’enfance

  • PE - Kady (plus d’actualité)

  • CLV 4 — (novembre 2026)

  • gros livre d’Ethan

  • anti-sapien n’est pas relancé